100% pur beurre (toujours)

Une vic­time sac­ri­fi­cielle, voilà l’effet… Mes vête­ments sen­tent le beurre, mon lit sent le beurre, et je ne suis pas sûr de jamais pou­voir évac­uer l’odeur de mon apparte­ment. Tel le feu du sac­ri­fice où l’on verse le lait clar­i­fié du monde, je me fais l’impression d’être, d’avoir été con­sacré. Ne reste plus qu’à chanter les Véda, et je me prendrai pour Agni, le feu dévo­rant qui con­summe les forêts.

Avé du beurre

Pour faire un beurre clar­i­fié, ça n’est guère dif­fi­cile : une pla­que­tte de beurre, une casse­role, la douceur d’un feux-doux. Faire fon­dre à la douceur douce du feux-doux le beurre (doux, lui aus­si, est-il besoin de pré­cis­er à nos amis marins-et-bre­tons). Lorsque le beurre, devant tant de douceu­rosités, a fon­du, le laiss­er cuire 20 à 30 min­utes (douces) le temps que dorent les par­tic­ules blanch­es, et par­tent, au fond de la casse­role, dormir. Retir­er, tamiser — ce qui dort, doré, part en vacances à la poubelle, on récupère le beau gras blond — et laiss­er repos­er en récip­i­ent her­mé­tique (mais non point d’émeraude) et au frais.
Voila. Le tout à une saveur car­ac­téris­tique, plus forte que le beurre, et résiste bien mieux à la mon­tée en tem­péra­ture. Idéal pour faire les cur­rys.
Sinon ça s’achète, mais c’est hors de prix pour ce que c’est.

Ah, j’oubliais un détail. Bien sûr.

Ne pas oubli­er la casse­role sur le feu.

Sinon ça empeste, douceâtre, le beurre brûlé, pen­dant des jours. Assez infect. Ca me réveille la nuit. Tant de douceur.

Là, sous la sauvegarde des rochers, dans la plénitude du vent, je demanderais à la nuit véritable de disposer de mon sommeil pour accroître ton bonheur. Et tous les fruits t’appartiendraient.