Category Archives: Blogs and blogging

Tout ce qui con­cerne les blogs, y com­pris celui-ci — son orig­ine, son aspect, les pro­jets qui le parcourent.

Où il est fait un peu d’ordre

J’ai mod­i­fié l’organisation du blog le long de deux grands axes :

  1. Idio­ta (RSS) regroupe les réflex­ions les plus per­son­nelles, de la note pour soi-même qu’on ne con­fie en général qu’à ses car­nets privés, jusqu’aux pages biographiques plus dévelop­pées (et bien plus rares) — s’y trou­vent dès lors quelques pouèmes ; 
  2. Sous Ency­clopae­dia (RSS), on trou­vera quelques arti­cles plus struc­turés, qui, s’ils doivent à ma façon assez par­ti­c­ulière d’investir les réc­its frag­men­taires du grand tout divisé (aka, le monde), peu­vent pré­ten­dre à une portée un brin plus générale — j’y inclus aus­si quelques bizarreries d’apparence philosophique : leur sin­gu­lar­ité (je n’ai nulle pré­ten­tion à l’universel) se veut en générale accordée à des chemins pos­si­bles dans le Grand Foutoir.

Un petit méta-fil sans pré­ten­tion accom­pa­gne ces deux-là : “On blogs and blog­gings”, où il sera ques­tion surtout de ce que je fais ici.

Je ne garan­tis pas que tout sera immé­di­ate­ment bien classé — les pre­miers post repris de mon ancien blog sur GA (jusqu’à mi-2007 en gros) ont été assignés à une unique caté­gorie et mérit­eraient que j’en refasse le tri.

Past Posts — 3

Quelques posts d’antan récem­ment récupérés :

  • 20 décem­bre 2007 : Iden­tité (notes à suivre…)
    Réflex­ions nour­ries mais peu organ­isées sur l’identité et la façon dont elle s’approprie — et déna­ture — la sit­u­a­tion. Je nuancerais pas mal, aujourd’hui — et rad­i­calis­erais aus­si, dans le sens que j’appelais indo-asiatique.
  • 18 décem­bre 2007 : Pre­miers onanismes
    Non mais franche­ment. Dans la suite du détri­cot­tage d’enfance. Le titre ini­tial était au sin­guli­er mais… non.
  • 17 décem­bre 2007 : J.-Ch.
    Com­plé­ment à Un bout de bio du 14 décem­bre. Je suis rarement en veine aus­si auto­bi­ographique. Mon pre­mier amour — ouille.
  • 15 décem­bre 2007 : Bigle
    Oui bon, hein !
  • 15 décem­bre 2007 : Dead end…
    La page blanche. Je n’ai pas changé des mass­es depuis ;
  • 14 décem­bre 2007 : Un bout de bio
    Ce que j’ai écrit de plus com­plet du réc­it d’enfance et d’adolescence (rétro­spec­tive­ment, on lit la douance, alors que je n’en con­nais­sais pas les dis­cours à l’époque).
  • 30 novem­bre 2007 : sur le non-chemin ;
  • 17 novem­bre 2007 : Ado­les­cence… ;
  • 12 novem­bre 2007 : Cette pointe d’enfance-là.

Past posts — 2

Quelques posts d’antan récem­ment récupérés :

News from this blog

J’avais en son temps, pour entamer ce blog, récupéré un ancien export de mon blog de GA. Il ne con­te­nait pas tous les arti­cles, loin s’en faut — le dernier arti­cle récupéré datait du 19 août 2007 — un pouème inti­t­ulé “Marée”.

Je suis en train de repren­dre patiem­ment l’ensemble des arti­cles suiv­ants — patiem­ment, GA ne pro­posant plus de fonc­tion d’export depuis belle heurette, je reprends tout à la mano. En plus le récent change­ment de plate-forme du site a eu pour con­séquence de sup­primer tous les sauts de para­graphes. Je dois pou­voir les recon­stituer sur cer­tains textes — et les retrou­ver sur leur sauve­g­arde pour les pouèmes.

On les trou­vera donc aux dates courant entre les 03 sep­tem­bre 2007 et grosso modo juil­let 2012, si je ne m’abuse. Je vais tâch­er de tenir à jour des posts d’ajout : comme je rétab­lis la date orig­inelle de pub­li­ca­tion à des fins essen­tielle­ment de cohérence biographique[1] , je ne pense pas que ces “nou­veaux” posts appa­rais­sent dans le flux RSS.

Voilou :)

Notes

  1. style, humeur et sujets abor­dés ayant notable­ment changé au cours de ces dernières années. A gag­n­er en réal­isme et en com­préhen­sion de la façon dont tout cela fonc­tionne, j’y ai, momen­tané­ment peut-être, per­du en fougue et foi : il y a du résigné en ce moment chez moi, et de l’#onvatousmourir, sous l’influence du mème apoc­a­lyp­tique de ces années trou­blantes — d’anxiété à inquié­tude, du pareil au même, pas­sions tristes. ^

Dead end…

Le dire et le redire : je n’écris que pour moi-même. 

Peu de choses trou­vent grâce à mes yeux, de ce qui se donne ici — ce post pas plus que les autres. Rien en tout cas qui vale une écri­t­ure — on m’accordera au moins la lucid­ité :o) Du texte et du mot, je suis un besogneux. Matière rétive : je n’en trou­ve le fil qu’avec peine, ce qui s’en dégage n’a sou­vent pas même la grâce d’une ébauche. Ce que j’aime au fond, c’est con­tem­pler — me fon­dre aux réc­its et aux vérités des autres. Le croirait-on : j’ai longtemps cru que je n’avais pas de per­son­nal­ité, trop-plein de savoir sans inven­tion. Je me relis encore à la troisième per­son­ne, sans doute, through the eye of the behold­er, là où il faudrait sim­ple­ment habiter ses tripes. Cela se fait, j’ai plus de mal aujourd’hui à regarder mes états intérieurs comme autant d’insectes épinglés dans la col­lec­tion d’un autre. Quelque chose d’organique. Mais qui n’est garant ni de style, ni d’invention. Seul fer­tile : l’imaginaire — pour l’instant sans issue qui me satisfasse.

D’où est né ce blog

Trou­ver le nom d’un site relève sou­vent d’un casse-tête, d’autant plus com­plexe que l’on n’a pas encore, à l’heure des idées neuves, de con­tenu claire­ment détouré qui en imposerait l’appellation, et que l’ensemble des idées sim­ples sont déjà pro­priété jalouse d’un quelque X en ayant fait son ter­ri­toire sur la Ter­nette — ou un espoir de gain.

Je cher­chais quelque chose qui se retiendrait sim­ple­ment sans pour autant faire signe vers aucun pro­jet net­te­ment défi­ni — puisque là est mon vœu : n’accrocher qu’un min­i­mum de thès­es à mon avancée, et tout en man­i­fes­tant ce savoir du dédale qu’acquiert le clan­des­tin en ter­res de hautes cul­tures, faire retrait, aus­si rad­i­cale­ment que pos­si­ble, vers une con­nais­sance plus vive, plus organique peut-être.

Cette idée en tête, j’ai trou­vé ceci, en résonance :

Je mar­chais par­mi les boss­es d’une terre écurée, les haleines secrètes, les plantes sans mémoire. La mon­tagne se lev­ait, fla­con empli d’ombre qu’étreignait pas instant le geste de la soif. Ma trace, mon exis­tence se per­daient. Ton vis­age glis­sait à recu­lons devant moi. Ce n’était qu’une tache à la recherche de l’abeille qui la ferait fleur et la dirait vivante. Nous allions nous sépar­er. Tu demeur­erais sur le plateau des arômes et je pénètr­erais dans le jardin du vide. Là, sous la sauve­g­arde des rochers, dans la pléni­tude du vent, je deman­derais à la nuit véri­ta­ble de dis­pos­er de mon som­meil pour accroître ton bon­heur. Et tous les fruits t’appartiendraient.

René Char, Les lichens in Les matinaux

Blabla, tout ça, peut-être, soit : bavardage, en les ter­mes d’un penseux dont j’apprécie la syn­taxe con­ceptuelle, sinon les idées (le chti père Hei­di, pour n’point l’nommer)… Et puis non ! au monde du blabla on se cherche une impor­tance, et il est clair que je m’en fous aujourd’hui-plus-qu’hier-et-moins-encore-que-demain, allez donc. Con­ver­sa­tion légère, avec moi-même et qui voudra bien. On y par­lera de tout et de rien — selon une syn­taxe intime, libre­ment et aus­si rigoureuse­ment que pos­si­ble ordon­née au grand rien vibratile d’ici-là.

Et patati, et patata…

2014-09 : ceci est bel et bien le pre­mier post de ce blog. Les précé­dents vien­nent de GA. Et cer­tains des suiv­ants aus­si, jusque ceux de 2012 à peu près, en fait.

Trolls

Le troll est à l’origine une plus ou moins sym­pa­thique créa­ture des pays du Nord liée à un ter­ri­toire : un génie du ter­roir, donc. Pas for­cé­ment très intel­li­gent — lié au monde chthonien, il a plutôt le cerveau des choses qui poussent : lent et per­sévérant — il peut se mon­tr­er béné­fique ou malé­fique, en fonc­tion de l’histoire du lieu et de ceux qui sont mis sur son chemin. C’est l’avancée du chris­tian­isme qui en fera un être sys­té­ma­tique­ment asso­cié au dia­ble, par essence aus­si malveil­lante que stupide.

417px-Theodor_Kittelsen_-_Skogtroll,_1906_(Forest_Troll)

Par exten­sion, le trol­lus ter­neten­sis syn. weben­sis est une créa­ture vivant dans les dessous maus­sades et boueux de la Ter­nette. Le Troll d’Internet est rarement intel­li­gent — il se fait même un bla­son de sa stu­pid­ité — et représente une fonc­tion de nui­sance suff­isam­ment notable pour qu’on ait sou­vent à pren­dre des dis­po­si­tions pré­cis­es et rad­i­cales à son encontre.

C’est que les trolls de ce genre se nour­ris­sent exclu­sive­ment de l’attention qu’on leur porte, en tant qu’ils se présen­tent comme vecteurs de désor­gan­i­sa­tion des com­mu­nautés virtuelles. Ils sont attirés par les regroupe­ments d’internautes : c’est là qu’ils trou­vent leur pitance. Forums et blogs leur sont des lieux de prédilec­tion, mais je sup­pose que les MMORG ont les leurs, ain­si que toute autre communauté.

Leur orig­ine est con­fuse. On ne sait s’ils pré-exis­taient à la Ter­nette. Tou­jours est-il que les pre­miers forums — quand la noosphère était sous UNIX — ont eus leurs trolls. D’aucuns sup­posent qu’il s’agit de virus, local­isés dans les cerveaux humains et engen­drés par boot­strap lors de l’interaction entre l’humain et le monde virtuel. D’autres, plus auda­cieux, sug­gèrent qu’il faut y voir des entités internes au web, auto-organ­isée à par­tir des courants d?intentions engram­més dans les entrelacs de mes­sages échangés sur la Ter­nette : une forme de vie maligne émer­gente, d’autant plus vivace qu’on l’alimente en atten­tion — on objectera à ceux-là qu’on ne voit pas pourquoi ce type de mécan­isme ne devrait don­ner vie qu’à des entités maligne ; une réponse pour­rait être qu’on se dés­in­téresse assez vite, surtout dans la noosphère telle qu’elle est actuelle­ment con­sti­tuée, des formes de vie présen­tant des car­ac­tères plus débon­naires, j’y reviendrai.

Le troll ne survit donc que s’il peut désor­gan­is­er les principes autour lesquels une com­mu­nauté se retrou­ve : installer la zizanie, détourn­er les con­ver­sa­tions à son prof­it — jamais de façon con­struc­tive -, voire détourn­er les fonc­tion­nal­ités mis­es à dis­po­si­tion des inter­nautes de l’usage pour lesquelles elles ont été conçues, non pour pro­pos­er au béné­fice de tous un usage plus inven­tif, pour met­tre en dan­ger l’existence même des dites fonc­tion­nal­ités (le spam peut être une pro­duc­tion de troll — on dit aus­si : une merde ou une chi­ure), voire de la com­mu­nauté tout entière.

Tout troll se spé­cialise donc et tous ne sont pas aus­si nuis­i­bles les uns que les autres. Etant enten­du que plus les dégâts sont impor­tants, plus on par­le d’eux — ce point est essen­tiel : un troll n’est pas un hack­er qui se con­tenterait de la gloire ou d’un suc­cès d’estime lim­ité à quelques hap­py few -, plus le troll est con­tent et prospère. C’est hélas la propen­sion la plus spon­tanée de l’internaute moyen que d’entretenir cette forme de vie par­a­sitaire qu’est la vie du troll, que l’on croie pou­voir guérir le troll de ses con­cep­tions erronées ou le détourn­er de ses com­porte­ments nuis­i­bles, ou, pire, que l’on s’imagine le troll sérieux — c’est ce qui explique aus­si qu’il y ait si peu d’anges sur la Ter­nette, ain­si que je l’évoquais plus haut : on s’y intéresse trop aux trolls, ça fait fuir les elfes.

Par con­séquence se débar­rass­er d’un troll pren­dra plusieurs formes en fonc­tion des espèces de trolls.

Trol­lus ter­neten­sis occa­sion­alis : troll occa­sion­nel ou de pas­sage, comme une affec­tion inopinée mais bénigne — on remar­quera que je penche pour l’explication virale (cf. ci-dessus) de l’origine du troll. Peut s’emparer de n’importe qui, et laiss­er plusieurs gross­es merdes, assez drôles par­fois, gênantes sur le moment. Ce troll se recon­naît à ce qu’on peut sou­vent dis­cuter sérieuse­ment avec lui pen­dant même sa phase active. Assez inof­fen­sif. Le con­sid­ér­er comme un mal nécessaire.

Trol­lus ter­neten­sis loquax : ou troll bavard. C’est un troll qui inter­vient sur les forums pour y dépos­er des com­men­taires sem­blant aller dans le sens de la dis­cus­sion, mais la rad­i­cal­isant de telle sorte qu’elle est vite détournée de son sens ini­tial. Pra­tique assez fréquem­ment l’insulte ou le pro­pos uni­latéral et non argu­men­té met­tant en jeu des lignes de pen­sée usuelle­ment très forte­ment dis­qual­i­fiées sur le forum où il inter­vient. Ce n’est un troll dan­gereux que si les par­tic­i­pants au forum entrent dans son jeu. Ignor­er ses inter­ven­tions le fait en général, dans un pre­mier temps, surenchérir dans l’excès, puis dis­paraître comme un mau­vais vent dès lors qu’il réalise ses inter­ven­tions n’avoir aucune prise.

Trol­lus ter­neten­sis spa­men­sis : ou troll spameur. Plus ennuyeux. C’est un troll qui chie large et gras. Inter­vient sur les forums, dans les boîtes-à-cour­riel, dans les chats, en insérant des extraits de textes n’ayant un rap­port plus ou moins loin­tain avec le sujet, dans des pro­por­tions con­sid­érables. Seules solu­tion : ban­nir le troll, sans relâche, et sans jamais men­tion­ner qu’on l’a ban­ni. Prob­lème : ce type de troll, comme cer­tains virus, con­naît un taux de muta­tion élevé : il peut revenir sous un autre nom. Ne pas se dés­espér­er et pour­suiv­re. Un appel aux webmestres peut être nécessaires.

Trol­lus ter­neten­sis sub­tilis : ou troll sub­til. Troll créant sur les forums des sujets, des pro­fils dans les sites, à seule fin d’y amen­er des inter­nautes plus ou moins cré­d­ules à réa­gir. Très dur à détecter du pre­mier coup ; il est très facile de s’y laiss­er pren­dre. Le com­bat­tre est aisé, il suf­fit d’ignorer son pro­fil ou ses sujets. Si ceux-ci passent la mesure — matériel illé­gal, par exem­ple — un appel aux webmestre est essen­tiel. Le grand dan­ger de ces trolls est quand ils vien­nent en groupe. Un groupe de troll, c’est en puis­sance une men­ace fas­ciste, ou un anar­chisme destruc­teur sans réel pro­jet — hop, loi de God­win.

Le troll n’est pas trop dif­fi­cile à com­bat­tre, mais une attaque de trolls peut fort bien vous pour­rir la vie, au point d’en quit­ter les lieux. Utilis­er des tac­tiques de troll pour com­bat­tre un troll est extrême­ment périlleux, je ne l’ai jamais, vu réus­sir. même con­tre un troll sub­til. Les webmestres ont un rôle essen­tiel à jouer dans cette affaire, con­sub­stantielle à l’existence des lieux qu’ils pro­posent aux inter­nautes, et d’autant plus que ces lieux sont libres d’accès. Ce sont eux qui pro­posent les out­ils pour lim­iter l’influence des trolls, ce sont eux qui, en dernier recours, peu­vent pren­dre des mesures d’exclusion plus sévères.

Cela dit, n’oublions pas : une société qui entend vivre sous l’égide de la lib­erté démoc­ra­tique tout en élim­i­nant les trolls est un non-sens. La lib­erté démoc­ra­tique, cela se con­quiert et se main­tient dans les con­sciences poli­tiques, sociales et éthiques, voire affec­tives de cha­cun. En ce sens, elle est frag­ile, et soumise par essence à l’émergence des trolls en son sein. C’est parce que le pou­voir en place refuse ce point qu’il souhaite met­tre en place les sys­tèmes de con­trôle qui lui per­me­t­traient de lim­iter l’influence des indésir­ables, en cela lib­er­ti­cide pour l’ensemble de la com­mu­nauté. Il est des trolls au pou­voirs de nui­sance bien plus impor­tants : trol­li politi­ci. La lutte con­tre toutes les trol­leries de l’existence est d’abord du devoir de cha­cun, bien avant d’être celui des autorités, quelles qu’elles soient. S’il n’y a pas d’ange sur la Ter­nette, et bien peu d’elfes, je pense que nous pou­vons aus­si nous l’imputer à nous-mêmes.