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Quantum electron in a labyrinth box just trying to be there and no more.

Philosophies

Bon… pourquoi, philoso­phie, philosopher ?

Tra­quer une vérité qui se pour­rait encager de mots ? Mais à quoi bon tout entretiss­er de mots de la terre jusqu’aux cieux, si c’est pour en per­dre le goût de l’étoile, du vent et des plan­ta­tions tran­quilles de chem­inées sur les toits ?

A percer le sem­blant dont nous enco­quons les choses ? Fra­cass­er les habi­tudes à coup de marteaux, ren­vers­er les étab­lis, ne pas retenir l’eau qui passe. Cess­er d’habiter les con­cepts avec la fer­veur du par­venu. C’est encore se jouer de mots, sans doute : relancer la grande machine à pal­abres, machine à écrire la sen­tence, glacée, dans la chair vive de notre esprit, à ten­ter, mal­gré tout, de dire, ne fût-ce qu’un peu, bru­tale­ment, le vrai — Oura­nos disséqué.

Roi, le philosophe se le croit, depuis Pla­ton. Roi, ou en droit de l’être. C’est là, mortel(le), sa chute. Pla­ton même y fut englouti ; à répugn­er régn­er sur les hommes, le roi-philosophe s’est très tôt enivré de son pou­voir sur les pen­sées. Mais pourquoi voir le soleil face à face lui aurait-il jamais don­né l’impression d’être meilleur que les autres hommes ?

Philosophe : trop sou­vent, Tan­ta­le qui se com­plaît à sa faim et sa soif ; Tan­ta­le rusé, tou­jours un peu plus proche, dirait-on, de la manne qui pour­tant se refuse ; Tan­ta­le usé, boît sa salive, avale sa morve, s’enivre de ces pau­vres nourritures.

Juste laiss­er la pen­sée se faire sec­onde — pas unique­ment dans la vie psy­chologique ; mais dans la pré­ten­tion des con­tenus (théories, sys­tèmes, …), où elle se pré­tend pre­mière de toutes — ;
sans pour­tant y renon­cer, sans pour­tant aban­don­ner cette diseuse de vérité briseuse de murs.

Là-dessus, un Laru­elle a quelque chose à dire, oui. J’achoppe encore. L’exaltation d’une grande pen­sée ne m’a jamais valu un couch­er de soleil, le ciel étoilé au-dessus de ma tête (elle est pas de moi, celle-là :o) ), la 3è de Mahler, une can­tate de Bach, le tryp­tique des trois bleus de Miro. Penser, un peu mon tombeau.

Ô temps !

Il fait beau à en pleur­er. Je ressors mes chemis­es. Les change­ments de sai­son, c’est tou­jrous le foutoir ; chang­er d’alimentation, chang­er de vête­ments, chang­er de rythme.

Si encore je pou­vais chang­er d’horaire, arriv­er au boulot sur les 17:00 et en repar­tir à 19:00. Mais non. Les saisons affectent les marchés — autres temps, autres marchan­dis­es — mais pas leur cadence.

Et puis, à y réfléchir, il faut bien que tout le monde ait de l’électricité !

Vous diriez quoi, si au print­emps, on ne pou­vait plus rien faire qu’entre 17:00 et 19:00 — belle révolution !

Alors je me lève tôt et vais pédaler pour vous, pour que les zélec­trons vibrent le long des grandes-moches-lignes haute-ten­sion et que vous puissiez vous con­necter sur la Ternette.

Petits veinards, va !

Baba Yaga

Ca ne sent plus le beurre à la mai­son. Je vis plus dans un Kwing Amann, c’est pas plus mal — une sor­cière finit tou­jours par s’immiscer dans une mai­son en pain d’épides et autres tartineries.

Donc pas de sor­cière. Enfin peut-être pas. Je n’ai pas de placart à bal­ais. Mais ça veut rien dire. Faut que j’aille véri­fi­er les coins. Et les angles.

Ninive

Bon ben voila. Y vont tous défil­er au télé­phone. Peut-être que je ferais bien de le débranch­er. En même temps, ça me fait plaisir. Pour cer­tains, je ne les ai au télé­phone qu’à cette péri­ode de l’année.

Je suis un grand garçon, main­tenant — je peux tra­vers­er la rue tout seul et même aller au ciné­ma voir des trucs que ya que les grands qui z’ont le droit.

Allez, 34 ans… Je vivrai vieux.

Tiens, un appel.…

100% pur beurre (toujours)

Une vic­time sac­ri­fi­cielle, voilà l’effet… Mes vête­ments sen­tent le beurre, mon lit sent le beurre, et je ne suis pas sûr de jamais pou­voir évac­uer l’odeur de mon apparte­ment. Tel le feu du sac­ri­fice où l’on verse le lait clar­i­fié du monde, je me fais l’impression d’être, d’avoir été con­sacré. Ne reste plus qu’à chanter les Véda, et je me prendrai pour Agni, le feu dévo­rant qui con­summe les forêts.

Avé du beurre

Pour faire un beurre clar­i­fié, ça n’est guère dif­fi­cile : une pla­que­tte de beurre, une casse­role, la douceur d’un feux-doux. Faire fon­dre à la douceur douce du feux-doux le beurre (doux, lui aus­si, est-il besoin de pré­cis­er à nos amis marins-et-bre­tons). Lorsque le beurre, devant tant de douceu­rosités, a fon­du, le laiss­er cuire 20 à 30 min­utes (douces) le temps que dorent les par­tic­ules blanch­es, et par­tent, au fond de la casse­role, dormir. Retir­er, tamiser — ce qui dort, doré, part en vacances à la poubelle, on récupère le beau gras blond — et laiss­er repos­er en récip­i­ent her­mé­tique (mais non point d’émeraude) et au frais.
Voila. Le tout à une saveur car­ac­téris­tique, plus forte que le beurre, et résiste bien mieux à la mon­tée en tem­péra­ture. Idéal pour faire les currys.
Sinon ça s’achète, mais c’est hors de prix pour ce que c’est.

Ah, j’oubliais un détail. Bien sûr.

Ne pas oubli­er la casse­role sur le feu.

Sinon ça empeste, douceâtre, le beurre brûlé, pen­dant des jours. Assez infect. Ca me réveille la nuit. Tant de douceur.