Paul Klee - Fleurs en spirale (détail) - Aquarelle et plume - 1926

Je m’en suis allé

Ecrit à l’occasion de mon dernier mes­sage d’absence en août 2017, et très légère­ment cor­rigé. Peu de poésie — mais des vers : un ron­deau presque-parfait.

Je m’en suis allé loin de ma naissance
Offrir aux jardins du temps arrêté 
Un très ancien rêve, embras­ant l’été
D’un frémisse­ment étour­di d’enfance.

Aux villes meur­tries jadis déporté,
J’ai fui le som­meil dans l’extravagance
De songes raidis d’intranquillité -
Et m’en suis allé loin de ma naissance…

J’ai cueil­li mon ombre aux cieux de l’absence
— Mon ombre de sang et d’azur bruité -
Et j’en ai porté la pétale immense
Jusques aux jardins du temps arrêté.

Là, dans le cœur nu de toute immanence,
Elle a refleuri d’une éternité,
Éclairant au creux de sa déhiscence
Un très ancien rêve embras­ant l’été.

L’éclair a roulé sa surabondance
Et le réel chu dans l’illimité
Oh, lumière ! Oh, feu ! Monde en sa nudité !
Oh ! frémisse­ment étour­di d’enfance !

……

Le ciel a repris sa polarité,
Les villes lassées, leur indifférence.
“Sans pourquoi, la rose ; pour qui, sa beauté ?”
Dois-tu qué­man­der ? Après sa fragrance,
Je m’en suis allé.

Image : Paul Klee, spi­ralför­mige Blu­men (détail), 1926, Aquarelle et Plume.

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