Mécanisme de machine à écrire

Machines, à désécrire

Je me suis coupé des liens, à nous croire machines, assignées notam­ment à l’ordre des mots. Depuis des décen­nies, j’aspire pour­tant à trou­ver avec les autres le ter­rain d’une entente, au sens pro­pre, cor­diale. Et ce défaut d’expérience me mène à désir­er — c’est un désir, encore — un lieu sans ces com­pro­mis égo­tiques qui vien­nent de ce qu’on veut garder pour soi.

Et, là pré­cisé­ment, je prends con­science de mon iner­tie, de mes peurs, de mes colères, de mes reven­di­ca­tions à être con­sid­éré et traité d’une façon que je juge con­forme à ce à quoi j’estime avoir droit, con­science de mon impos­si­ble désir de dis­pos­er de la jeunesse que je n’ai pas eue — hors rejet, impres­sion de rejet, pro­tec­tion isolante con­tre le rejet, névrose en bref. Une jeunesse qui serait moins écrasée de savoir (même si c’est rigo­lo, le savoir), et plus ancrée dans rela­tion. Petits poi­sons dont, c’est mon inquié­tude, j’ai l’impression de très égo­tique­ment m’accommoder.

Image : Source — unavail­able (15/09/2015) — Stu­dio Che­ung, © Bastien Horn, 2013.

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