The Hobbit III — Peter Jackson

The Bat­tle of the five armies, Peter Jack­son, décem­bre 2014.
Affiche du film - Martin Freeman - The Hobbit
Allez. Ne boudons pas. C’est le meilleur opus de cette trilo­gie une peu trop jack­son­ni­enne. Le bon­homme ne voulait pas réalis­er The Hob­bit, il devait avoir ses raisons, pos­si­ble­ment le risque de la répéti­tion. Le fait est qu’il n’avait pas grand chose de neuf à nous dire au fil de ces trois films assez iné­gaux. Et dans ce peu, c’est prob­a­ble­ment dans celui-ci qu’il s’en tire le mieux, à mon sens.

Ne désir­ant laiss­er ici aucun spoil­er, je ne m’étendrai pas sur sa façon, pour une fois pas trop inco­hérente, d’étendre l’intrigue, assez mince, des derniers chapitres du livre. Guiller­mo del Toro ayant été con­seiller sur le film, ceci, peut-être, explique-t-il cela. L’unité de temps et d’action aidera beau­coup ici à don­ner leur con­sis­tance ces deux heures et quelques. Batailles rob­o­ra­tives mais, ai-je trou­vé, assez facile à suiv­re — tout agaçant soit-il qu’un un orc armé et si habile à défil­er en des rangs qu’envierait toute armée sovié­tique, soit face à des femmes, enfants et hommes en habits de toile encore moins effi­cace qu’un stormtroop­er con­fron­té à une princesse à mac­arons.

Gross­es bas­tons, un brin d’émotion, une drôle de con­struc­tion (mort du grand méchant loup en début de film, les cha­tons à dents de sabres ébréchée et haleine de cha­cal — les orcs, quoi — se mon­trant bien plus cori­aces que lui), quelques jack­son­ner­ies bien ratées (on en les compte plus) et de nom­breuses trahisons de l’esprit tolki­en­nien — on savait à quoi d’attendre — mais somme toute mineures au regard de celles précé­dents opus (ou bien je m’habitue, va savoir). Bref, j’ai passé du bon temps.

J’aime ce qu’Armitage fait de la démence de Thorin, et à mon goût, Free­man fait un Bil­bo décidé­ment très con­va­in­quant, leur duo appor­tant au film une couleur dra­ma­tique man­quant presque totale­ment aux précé­dents. C’est d’ailleurs une des mar­ques de cet opus, que de don­ner une autre épais­seur à cer­tains des per­son­nages ren­con­trés aupar­a­vant — ain­si notam­ment de Thran­duil et de son fils.

Au fond, je suis recon­nais­sant à Jack­son : ces films relan­cent la lec­ture de l’oeuvre, le savoir à son sujet et, je l’espère en tout cas, les études tok­i­en­ni­ennes en France (et prob­a­ble­ment ailleurs) — cela nous per­me­t­tra peut-être d’avoir enfin à dis­po­si­tion un peu plus de travaux de qual­ité sur cette oeu­vre — quelque respect je puis avoir pour les fans, leurs écrits, aus­si intéres­sant soit-il sans doute pour eux de les avoir pro­duit, méri­tent rarement pub­li­ca­tion. Et surtout, ça me donne furieuse­ment envie de re-re-re-re-re…lire bits and scraps of it all.

D’accord, ce ne sont pas les films que l’on attendait — l’on ne trans­forme pas aisé­ment un bon faiseur de films gore en poète à même de restituer cette nos­tal­gie qui chez Tolkien habille toute lumière. Cela dit, l’univers visuel dans lequel ils se déploient laisse fil­tr­er quelque chose de cet esprit qui rend l’univers textuel des Terre du Milieu si fasci­nant. Et ce film-ci va à mon sens un tout tout petit brin plus loin, dans la mesure où il parvient à nous laiss­er enten­dre, ici ou là, un peu de cette voix d’outre-passé, qui sait la valeur des choses sim­ples et des grands attache­ments que la mort défait en couteaux de douleur. Mais je suis ici trop lyrique — ce ne sont que quelques éclairs, aperçus ailleurs, dans d’autres films de l’hexalogie, mais que l’on voit pour­tant mieux ici, du fait de la teneur plus dra­ma­tique des dénoue­ment du Hob­bit.

Ini­tiale­ment pub­lié sur Sen­s­Cri­tique

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