Ruines d'Ypres en 1919

Retrait

Je fais du bruit. Les hommes font du bruit. Too many words, words, words et tout ce monde qui y croie, proteste, s’imagine que cela, par­ler, dire, pren­dre par­ti, s’opposer, figer des lim­ites ou les bris­er, fera une dif­férence — et par­fois cela en fait une, oui, mais qui pour­rait dire quand et où et pourquoi, dans ce fra­cas d’après le bombes ?

De plus en plus sur FB ma main s’arrête. Je vais pour com­menter tel post, inter­venir sur tel arti­cle, ten­ter un apaise­ment ou une relance dans telle dis­cus­sion… et ma main s’arrête. J’efface tout. Je déposte. Je décom­mente. A quoi bon ? J’ai fini par com­pren­dre que je ne cher­chais au fond qu’à préserv­er mes pro­pres espaces de con­fort. Tout comme ceux avec qui, con­tre qui, pour qui je dis­cute. Inter­venir, c’est propager la guerre de mots dont on se fait un monde. Ne pas inter­venir comme je le fais, c’est à la fois répon­dre à une drôle de per­cep­tion nou­velle… et recon­duire un nou­v­el espace de con­fort, qui est celui de mon efface­ment de débats qui tour­nent tou­jours à l’affrontement — au final : il ne s’agit le plus sou­vent jamais que de savoir qui fini­ra par occu­per le ter­rain.

Dire quelque chose, c’est tou­jours men­ac­er quelqu’un — Lév­inas. Même la non-vio­lence, même la volon­té de trou­ver un ter­rain com­mun, sont des men­aces. Il n’y a pas de dia­logue dans ces échanges des mots — que des solil­o­ques. Pas d’échange. No peace.

Ani­mal esseulé qui se soigne en s’imaginant des guer­res. Homme.

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