Chaos

The rest is silence

Au point de con­flu­ence de nar­ra­tions grandes et petites, fréné­tiques orgueilleuses des­tinées toutes au repos.
De ma main, des frondaisons grouil­lantes de mon­des sauvages et réguliers, épi­phytes et cru­els, nais­sent, sans com­mence­ment ni futur comme tout ce qui jail­lit du ter­reau des morts.
Le dit con­tra­dic­toire de la matière motive la vie péristal­tique en mes organes. L’os sait le métab­o­lisme des supera­mas, le chant de l’hypersymétrie et le tis­su dis­cret de l’égal mc2.
Dans le tra­jet réglé des cir­cuits efférents à la rétine, la lib­erté — de l’œil au doigt à la parole au sexe aux généra­tions. Et le bat­te­ment de mon cil trace la longue, l’immémoriale prière des croy­ants épris dépris du siècle.
Un fris­son de lit­téra­ture dans le bat­te­ment du sang aux canaux capil­laires — tout un foi­son­nement d’étapes sans raisons sur le chemin du cœur, hic sunt shado­ki. Et la philoso­phie me souille régulière­ment les qua­tre ven­tricules, au point d’avoir à en chang­er tous les qua­tre ans. Le reste des savoirs pulse au gré des march­es et des orgasmes, lym­phe dense, sperme des croy­ances expul­sé dans la nuit des sensations.
Colères, anx­iétés et joies, petit monde cacoph­o­nique des quat’saisons hor­monales, pré­ten­dant s’y con­naître en poli­tique. Je les crois bien volon­tiers — chi­ennes ! Cela dit, en matière de soci­olo­gie et de morale, j’aime assez la voix de l’oxytocyne — mais elle n’est pas seule à chanter.

L’Aleph est le lieu ponctuel d’une extase des savoirs — Borgès croit en la sim­plic­ité des essences ; moi non. Je ne me sais aucun cristal où pour­rait se résumer l’effervescence des choses mortes et des pres­sions d’avenir. Je suis le lieu d’un grouille­ment anomique du sens. Vous ne pour­rez faire qu’un mot pronon­cé n’engendre les défer­lantes d’images qu’il porte dans sa réso­nance avec mon corps de cel­lules et d’affects — mais, cette sépa­ra­tion est trompeuse, il n’y a pas un côté corps, un côté mots, mais un corps anas­to­mosé de mots, héris­sé de la galle des croy­ances, dansant sans sou­p­lesse dans les réc­its en tempêtes.

      Cette danse parfois,
      cette danse ren­con­tre la sen­sa­tion brutale
      sen­sa­tion bru­tale et ten­dre sans ver­gogne ni délice dit
      ;
      rien ne s’arrête alors, ni la frénésie, ni le grand chaos-foutoir
      rien ne change mais
      comme un point au milieu du champ un point
ouvert
      sans parole ni sémème même prêts à germer
alors
oui

Fea­tured image cred­its : Tim Hen­der­son (http://www.henderson-art.co.uk/)

2 thoughts on “The rest is silence”

    1. Oh ! Merci.

      Je préfère, sais-tu, bien volon­tiers tes écrits aux volutes des miens :D. Leur maniérisme, que je ne sais éviter, par­fois m’écoeure. Mais tous les flots me vien­nent ain­si — et c’en était un, à peine retravaillé.

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