Octobre

Octo­bre. C’est périlleux, octo­bre. Mois obscur. Le pre­mier du sans-lumière. Mes humeurs suiv­ent le même pat­tern que les années précé­dentes. Je risque de devenir insai­siss­able et fuyant. La Luminothérapie devrait aider. Mais je vais avoir besoin de khâlins pour chas­s­er les idées gris­es — c’est leur sai­son, on n’y peut rien — elles ampli­fient tous les nœuds d’enfance et se nour­ris­sent de tout réc­it de désespoir.
Je regar­dais hier avec éton­nement ce qu’elles me fai­saient écrire, les larmes qu’elles m’engendraient, la perte d’énergie et d’intérêt. Une par­tie de moi y croy­ait ferme. L’autre, plus enfouie, était con­sciente du théâtre de la saison.
En octo­bre, il me faudrait arrêter de penser. Juste respir­er, faire la cui­sine, tra­vailler le bois, le papi­er, la matière, et le corps. Laiss­er de côté toutes les his­toires des hommes — atro­ces et dérisoires. Par­tir dans la forêt. C’est le mois des ours et des renards inqui­ets. Y vivre autrement, c’est me con­damn­er à adhér­er aux méta­physiques de ce que vous appelez “réal­ité”, “réel” où “vérité” — toutes des cauchemars aux­quels je ne peux me frot­ter qu’aux jours de lumière.

(FB 06/10/14)

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