Vulgate non-duelle

Boudu !

Il y a quelque chose de pour­ri dans la vul­gate de la non-dual­ité.

On s’en sert comme d’un lan­gage de descrip­tion, que ce soit d’un état à attein­dre et souhaitable, ou d’un état atteint (“je ne suis rien, il n’y a per­son­ne pour…, blablabla, etc.”).

C’est totale­ment absurde. Ce type de lan­gage ne peut pas servir à cela. Les idiomes de la non-dual­ité ne sont pas plus descrip­tifs que pre­scrip­tifs — ce serait con­tra­dic­toire. Ce sont juste des instru­ments, quad les occa­sions se présen­tent, dans les mains seules de qui sait les manier. Leur logique de sur­face, par­fois très élaborée, n’a que peu d’intérêt (je veux dire, pas plus qu’un bon livre de logique philosophique) en dehors du lien maître-dis­ci­ple. Là, quelque chose de sacré demeure, bien loin des investisse­ments dans tel ou tel type de gram­maire.

On n’est jamais digne de l’offrande qui est faite d’un tel lan­gage quand il nous vient ain­si, si même il nous vient. Cette indig­nité, c’est un sen­ti­ment, très pro­fond, très pur, très sim­ple, très évi­dent. S’il ne mon­tre pas le bout de son nez, c’est prob­a­ble­ment que la forme extérieure de la gram­maire prime. Aller y voir n’est pas de trop.

On croit tou­jours qu’on sait ce qu’il en est du lan­gage : ronde des habi­tudes. L’aiguille non-duelle ne laisse jamais repos­er per­son­ne sur ce type de régu­lar­ités — elle ne dit rien de ce que je suis ou ne suis pas — elle ne révèle rien du sens du monde — s’il est fini ou infi­ni — si nous y avons un but ou aucun.

Mais tout celà déjà est en train de devenir gram­maire — je me tais.

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