Ancien ethos poétique

D’une antholo­gie de poésie de 1905 — autant dire : du XIXè siè­cle — ces phras­es ultimes du pré­faci­er. Pré­ciosité antiquisante d’une mièvrerie sex­iste toute d’époque X-D. Les notes sont de moi.

Et main­tenant, que le lecteur nous per­me­tte de l’introduire, sans plus de préam­bule, dans le jardin enchan­té de Poésie, où le rêveur émer­veil­lé s’avance le long de sen­tiers éter­nelle­ment fleuris bor­dés de mas­sifs ombreux et de beaux mar­bres pen­téliques[1] ; où la frêle églan­tine et la suave vio­lette des bois embau­ment l’air de leurs par­fums sub­tils ; où, sur des tapis d’herbe et de mouss­es écla­tantes, coulent de claires fontaines ; où le susurre­ment[2] de l’eau dans les vasques de por­phyre[3] s’harmonise au mur­mure éolien des fraîch­es frondaisons. Et qu’il ne soit point sur­pris d’y voir, comme jadis, des nymphes s’éplorer[4] au bord des sources cristallines, et des dryades épeurées[5] fuir à tra­vers les val­lons, mais que, après avoir erré de-çà, de-là, au gré de sa fan­taisie, il pénètre dans le bois sacré qui recèle le sanc­tu­aire de la Muse, et que dans la paix et le recueille­ment de la nuit tombante, il écoute la plainte mys­térieuse des arbres et la longue élégie du vent, et que la divine Inspi­ra­trice appa­raisse à ses yeux éblouis, couron­née de fleurs, diadémée d’or et de pures gemmes azurées, dans un ruis­selle­ment de belle lumière auro­rale.

  1. Mon­tagne de Grèce, célèbre pour son mar­bre. ^
  2. et non sus­sure­ment, comme je viens de l’apprendre. ^
  3. roche mag­ma­tique, rouge ou verte. ^
  4. fon­dre en pleurs. ^
  5. syn­onyme vieil­li et litt. de apeurée. ^

Egale­ment pub­lié sur FB le 15/09/14.

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