Murs

Chercheur de vérité — tu te heurteras aux murs du dog­ma­tisme — rem­parts con­tre l’incertitude de toute chose au monde.

Chercheur de paix — tu passeras entre les murs de l’isolement — rem­parts con­tre la vio­lence pro­pre à tout monde.

Ni le tran­chant de la vérité — la ver­ti­cal­ité sans appel de l’absolue cer­ti­tude -, ni l’ajointement de la paix — l’horizontalité sans con­flit de l’absolu acqui­esce­ment — n’ont de con­ti­nu­ité avec leur désir.

Leur désir — incom­pat­i­ble avec la tran­scen­dance sans sec­ond et l’immanence rad­i­cale — de l’un comme de l’autre.

Dog­ma­tisme et isole­ment — replis du désir — sa con­ser­va­tion, comme désir — mais l’échec du pro­jet qu’il motive. Dead end en forme de com­pro­mis — là où aucun n’est acceptable.

Tra­vers­er le dog­ma­tisme — tra­vers­er l’isolement — affron­ter le faux au fond de tout désir de vérité — la guerre au fond de tout désir de paix. Les antonymes, faux, guerre, sont forgés de la nature même de l’exception du désir­ant — du fait du désir même. Vouloir la vérité pour soi, la paix pour soi — et l’on ne peut vouloir dif­férem­ment tant que l’on veut ces objets-là, que l’on s’imagine même œuvr­er pour autrui ou pour l’esprit ou quelque cause que ce soit -, c’est ancr­er la quête dans son pro­pre impossible.

Ah ! mais du face-à-face sans con­ces­sion avec l’impossible jail­lit l’abandon — objec­tif et sub­jec­tif — dont le nom adven­tice est paix — ou vérité.

On ne peut décidé­ment pas sauter par-dessus les murs.

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