Premiers onanismes

Aver­tisse­ment : Ce post auto­bi­ographique con­tient des descrip­tions d’actes sex­uels me con­cer­nant. Je ne le pense pas pornographique (mais c’est affaire très très rel­a­tive), mais il est décon­seil­lé à quiconque n’est pas à l’aise avec sa sex­u­al­ité ni celle des autres. Et je ne le recom­mande cer­taine­ment pas à ma famille — il est peu prob­a­ble qu’elle me lise mais sait-on jamais. Je suis assez con­tent de l’avoir écrit : 7 ans plus tard, je réalise que cer­taines des choses que j’y évoque ne sont plus aus­si fraîch­es — un peu d’eau a dû couler sous les ponts.

[su_spoiler title=“Premiers onanismes”]Ma sex­u­al­ité a été pré­coce. Le corps a ses raisons, etc. Bien sûr, au vu de ce que j’ai rap­porté plus tôt, elle est longtemps restée con­finée à l’autoérotisme. Le reste est sans doute banal, je ne sais pas — j’ai longtemps eu l’intelligence cor­porelle d’un mel­on : en tranch­es pour être dégusté en famille.

J’ai été ce qu’on appelle un enfant bal­anceur : durant toute mon enfance, et jusqu’à la fin de l’adolescence, il m’a été impos­si­ble de trou­ver le som­meil sans osciller plus moins vio­lem­ment de côté dans mon lit – côté droit essen­tielle­ment. Du coup, j’ai naturelle­ment trou­vé mes pre­miers plaisirs par frot­te­ment de bas ven­tre sur le drap de dessous. Tout ça a com­mencé vers 10 ans, je pense, bien avant ma pre­mière érec­tion. La sen­sa­tion en est assez voluptueuse, dif­férente de ce qu’on obtient avec la main, et l’évoquer n’est pas sans en réveiller l’excitation, assez dif­férente de celle qui me prend lorsque sur­git tel ou tel fan­tasme.

Je me frot­tais donc avant de m’endormir, quo­ti­di­en­nement, sans avoir au départ la moin­dre con­science que je me procu­rait ain­si un plaisir sex­uel : c’était agréable, voilà tout. Puis, à voir sur­gir les pre­mières érec­tions, le pre­mier orgasme – vers 12–13 ans – la nature du type d’activité dans lequel j’étais engagé s’est pour le moins éclair­cie – non sans quelque cul­pa­bil­ité, ou pudeur, tout était déjà con­fus. Mais ce frot­ti-frot­ta était pour le moins suc­cu­lent, et je n’aurais pu, ni voulu, renon­cer à ma séance quo­ti­di­enne !

La pre­mière éjac­u­la­tion fut plus tar­dive – tout comme ma puberté, vers 14 ans révo­lus – ; j’en garde un sou­venir… qua­si-sci­en­tifique ! C’est arrivé pen­dant une mas­tur­ba­tion en bonne et due forme, cette fois, à la main, donc. Cela n’a pas changé grand’ chose à la sen­sa­tion ; s’y ajoutaient sim­ple­ment quelques ml de sperme. Ah ! tiens, c’est ça !, j’ai pen­sé, sans plus, et avec le désagré­ment, désor­mais, d’avoir à pro­téger mes draps lors de mes séances de frot­te­ments – neces­si­ty makes inven­tion, je m’inventais toutes com­bi­naisons de mou­choirs en papi­er, dont j’étais fourni en abon­dance, en bon enrhumé chronique de 4 à 17 ans.

Toutes ces activ­ités noc­turnes furent bien­tôt tra­ver­sées d’images. Pas grand-chose de net, au départ. Un homme et une femme, une péné­tra­tion – je con­nais­sais l’anatomie du coït sur le bout des doigts, si je puis dire (même si j’ai longtemps cru qu’on ren­trait, qu’on s’installait, et qu’on attendait que ça se passe :o)). Ce n’est que bien plus tard – après JC pour tout dire, voir post précé­dent – que j’ai pu remar­quer à quel point ces images fai­saient porter l’accent sur la péné­tra­tion, well, surtout sur la rigid­ité mas­cu­line, solide érigé s’implantant en corps de femme, tout au plus faire-val­oir et récep­ta­cle plus ou moins trans­par­ent – sans par ailleurs de dégoût, de mépris ou d’idolâtrie pour les femmes en général : elles exis­taient tout sim­ple­ment peu dans mes fan­tasmes. Je me suis… nour­ri, comme beau­coup, de ce qu’on trou­vait dans les films – cer­taines scènes d’Excalibur m’avaient par­ti­c­ulière­ment mar­quées. Mais tout aus­si impor­tants furent ces réc­its qu’on se fait entre copains, des années col­lèges au début, des années lycées ensuite. Pre­miers bais­ers yeurk avec la langue, pelotages, puis, pour les plus avancés, dès leurs 14 ans, pre­miers actes sex­uels – j’ai eu du mal à les croire, je pense même que je ne les ai pas vrai­ment cru, c’était trop loin de ce qui m’était acces­si­ble, je les pen­sais trop jeunes, fal­lait avoir au moins 18 ans, ou 16 ; mais le fait est cela m’excitait foutrement.

Plus tard, 16–17 ans (1 après JC, le Mot était entré dans mon exis­tence), décou­verte de ce bouquin d’initiation ses­suelle chez mes par­ents. Mais, à cette époque au moins, jamais de porno ni à la mai­son, ni chez les copains que je fréquen­tais – ou ils ne m’invitaient pas (faut dire que je pas­sais pour prude). De grands moments d’excitation s’attachent à ce vol­ume, qui ne me ferait sans doute ni chaud ni froid, aujourd’hui – et pis bon, c’était tout de même par­faite­ment hétéro. Pre­mière lit­téra­ture homo, plus ou moins éro­tique. Puis mes pre­miers Gai Pied. Et pre­mières revues porno. Etc. Mais là, j’avais déjà quit­té Saint-Nazaire pour Nantes et les class­es pré­pas.

Par­lant ici de ma décou­verte pro­gres­sive du sexe, je ne causerai pas de Mau­rice, le film d’Ivory, choc qui vint m’indiquer qu’assurément le Mot n’était pas un invité de pas­sage – c’est avec ce film que j’ai réelle­ment com­mencé à me dire que c’était ça que je voulais, ce type d’amour-là : ça son­nait comme une telle évi­dence — Mandieu ce bais­er ! Mais je dévie, mon sujet est résol­u­ment moins sen­ti­men­tal.

Ma fan­tas­ma­tique fut donc assez riche­ment ali­men­tée. Elle était de nature qua­si exclu­sive­ment scopique : je n’apparaissais pas dans mes fan­tasmes, sinon comme regard dés­in­car­né assis­tant à une scène – par­al­lèle assez étroit avec la façon dont j’existais en spec­ta­teur de la vie des autres.

Cela dit, ain­si accom­pa­g­né, j’ai eu des mas­tur­ba­tions épiques, à peu près partout dans la mai­son, à l’extérieur, en voiture caché sous une cou­ver­ture, dans le train couchette, etc. Thème et vari­a­tions autour de cer­tains posi­tions – m’éjaculer dans la bouche, cul par-dessus tête est un plaisir que j’ai dû décou­vrir vers 18 ans, qui m’excitait beau­coup, surtout lorsque je par­ve­nais à faire tenir un miroir sur mes cuiss­es : voir, voir, voir, l’excitation de voir ! Jeu avec des miroirs, donc, devant des fenêtres ouvertes, dans des couloirs. Jeu avec des lacets aus­si, pour gon­fler les érec­tions, tir­er les couilles. Même essayé pince à linge sur tétons, mais zone si sen­si­ble chez moi que c’est plus désagréable qu’autre chose. Oh ! et puis les godes impro­visés : papi­er alu frois­sé com­pacté (je décon­seille lol), bout de bois sculp­té (oui, oui : un reste de vieux manche à bal­ais !), envelop­pé dans chif­fons et sac plas­tique, attaché à mes pieds par planchette et cor­don, pour sup­port­er les allers retours quand je m’asseyais dessus, con­com­bre, trop gros, carotte, pas mal ! Je dois en oubli­er… Et les trucs pour imiter un ori­fice à pénétr­er ! Ha ! Oui, je me sou­viens : coussins repliées, chif­fons enfournés dans – encore ! – sac plas­tique, et pomme évidée – sans intérêt.

Puis, plus tard, en salle infor­ma­tique à Télé­com, des nuits entières de cyber­sex – irc sous Unix en mode com­mande en ligne, voui Msieurs Dames, époque de pio­nniers, haha ! –, achevées sur mon­strueuses jouis­sances ivres épuisées, par­fois alors même que les infor­mati­ciens du matin s’étaient instal­lés devant leurs ter­minaux. Mais là j’avais 20–23 ans, et j’avais déjà con­nu le loup comme on eut dit, pudique­ment, dans ma famille pas pudique pour autant.

Ni sauna ni boitac­ul encore : je détes­tais mon corps et serais mort de peur et de honte d’aller le con­fron­ter au désir brut de autres ; en out­re, on était en 1990, le cœur noir des années SIDA, années Piano Zinc, aus­si, et pour moi triste ving­taine, dont je par­lerai peut-être une autre fois. Tout ça m’a passé en fait, pro­gres­sive­ment, de 25 à 30 ans, en gros, dif­férem­ment selon les pra­tiques et leur rem­place­ment suc­ces­sif. C’était exci­tant tant pour la trans­gres­sion que pour la sen­sa­tion – sou­vent plus, même. Il y avait assuré­ment du libéra­toire là-dedans – et des orgasmes qu’en inten­sité sinon en félic­ité seuls ceux sous pop­pers ont pu sur­pass­er par la suite – mais beau­coup d’obsession : la jouis­sance mas­tur­ba­toire m’a accom­pa­g­née, de façon com­pul­sive par­fois, jour­nal­ière­ment sans dis­con­tin­uer au moins depuis mes 10 ans jusqu’à aujourd’hui. Je ne me sou­viens pas m’être jamais arrêté plus d’un mois, la moyenne de mes orgasmes étant de plus d’un par jour sur toute cette péri­ode – ce qui sig­ni­fie qu’il y eut des jours par­ti­c­ulière­ment fastes – et je ne par­le que des mas­tur­ba­tions…

C’est encore un peu envahissant. Mais les choses sont lente­ment en train de chang­er. Faut juste que je me dés­in­tox­ique de la pornogra­phie. J’en repar­lerai sans doute.[/su_spoiler]

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