sur le non-chemin

Les his­toires qu’on se fait sur soi — tout ces réc­its dont on s’habille à mesure du temps qui passe -, c’est comme tout le reste à quoi l’on s’attache : ça n’a pas de réelle con­sis­tance — pas la con­sis­tance du réel — juste du comme-si — comme-si l’on était quelqu’un, comme si l’on se pos­sé­dait soi-même, et son corps, et sa tête, et ses amis, et ses casseroles — comme si les lim­ites de soi définis­saient quelque chose de tan­gi­ble, une forter­esse vive cernée par la mort.

En vérité, il n’y a qu’un nom, et quelques his­toires dont il fab­rique ses engage­ments, quelques his­toires et beau­coup de con­fu­sion quand à leur sujet réel : ce qui arrive n’arrive réelle­ment à per­son­ne — et toute iden­tité se con­stru­it sur du vide — ou du plein — de l’infiniment mul­ti­ple — ou de l’Un — comme on voudra. Réalis­er cela est source de la seule joie qui vaille. C’est assez mys­térieux, comme ça — mais aus­si : le réalis­er, c’est per­dre ses lim­ites — s’indéfinir — devenir tout-amour, plus accueil­lant que l’espace, et plus coupant que le vide.

Tout ça est au fond très sim­ple. C’est juste assez peu immé­di­at, pour nous, que notre nature (de pri­mates cau­sants) et nos civil­i­sa­tions encom­brent. Les mots le ren­dent mal. Et l’important n’est pas d’en par­ler.

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