D’où est né ce blog

Trou­ver le nom d’un site relève sou­vent d’un casse-tête, d’autant plus com­plexe que l’on n’a pas encore, à l’heure des idées neuves, de con­tenu claire­ment détouré qui en imposerait l’appellation, et que l’ensemble des idées sim­ples sont déjà pro­priété jalouse d’un quelque X en ayant fait son ter­ri­toire sur la Ter­nette — ou un espoir de gain.

Je cher­chais quelque chose qui se retiendrait sim­ple­ment sans pour autant faire signe vers aucun pro­jet net­te­ment défi­ni — puisque là est mon vœu : n’accrocher qu’un min­i­mum de thès­es à mon avancée, et tout en man­i­fes­tant ce savoir du dédale qu’acquiert le clan­des­tin en ter­res de hautes cul­tures, faire retrait, aus­si rad­i­cale­ment que pos­si­ble, vers une con­nais­sance plus vive, plus organique peut-être.

Cette idée en tête, j’ai trou­vé ceci, en réso­nance :

Je mar­chais par­mi les boss­es d’une terre écurée, les haleines secrètes, les plantes sans mémoire. La mon­tagne se lev­ait, fla­con empli d’ombre qu’étreignait pas instant le geste de la soif. Ma trace, mon exis­tence se per­daient. Ton vis­age glis­sait à recu­lons devant moi. Ce n’était qu’une tache à la recherche de l’abeille qui la ferait fleur et la dirait vivante. Nous allions nous sépar­er. Tu demeur­erais sur le plateau des arômes et je pénètr­erais dans le jardin du vide. Là, sous la sauve­g­arde des rochers, dans la pléni­tude du vent, je deman­derais à la nuit véri­ta­ble de dis­pos­er de mon som­meil pour accroître ton bon­heur. Et tous les fruits t’appartiendraient.

René Char, Les lichens in Les matin­aux

Blabla, tout ça, peut-être, soit : bavardage, en les ter­mes d’un penseux dont j’apprécie la syn­taxe con­ceptuelle, sinon les idées (le chti père Hei­di, pour n’point l’nommer)… Et puis non ! au monde du blabla on se cherche une impor­tance, et il est clair que je m’en fous aujourd’hui-plus-qu’hier-et-moins-encore-que-demain, allez donc. Con­ver­sa­tion légère, avec moi-même et qui voudra bien. On y par­lera de tout et de rien — selon une syn­taxe intime, libre­ment et aus­si rigoureuse­ment que pos­si­ble ordon­née au grand rien vibratile d’ici-là.

Et patati, et pata­ta…

2014-09 : ceci est bel et bien le pre­mier post de ce blog. Les précé­dents vien­nent de GA. Et cer­tains des suiv­ants aus­si, jusque ceux de 2012 à peu près, en fait.

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