Histoire de Ganesha — 5. Naissance d’un dieu

Oh, la joie des gana, des deva et de tous les dieux ! Oh ! ce rugisse­ment qui assour­dit l’éther et les trois mon­des, lorsque le corps sans vie de l’enfant vint à la ren­con­tre de la terre, et le ton­nerre de sa ren­con­tre avec le sol et l’avidité de la pous­sière ocre à se tein­ter de son sang ! Oh ! songeait Shi­va, lui seul, la colère de Par­vatî !

Plus de borne. De la Déesse en furie émergèrent des cen­taines, des mil­liers, des mil­lions, et plus encore de shak­tis, ter­reurs fémi­nine détenant cha­cune une par­celle infinie de l’infinie puis­sance de Par­vatî. Gueules aux crocs béants, guir­lan­des de crânes, langues large­ment pen­dantes en dehors des bouch­es, regards rougeoy­ants, mains grif­fues, mem­bres sou­ples et vifs de bêtes de proies, elles furent lancées sur les créa­tures célestes : Allez ! Moisson­nez, dévorez, déchi­quetez, engloutis­sez, engouf­frez, con­sumez les tous, tous, tous ceux qui ont con­tribué à la perte de mon fils ! Allez ! Il n’y eut plus de borne à la destruc­tion. Ce n’était pas la fin du monde et c’était la fin du monde. Ganas, devas et tous les autres dis­parais­saient de les bouch­es avides des shak­tis. Nulle cachette n?en pou­vait pro­téger, nulle arme ne savait les arrêter. Grig­not­ti, grig­not­ta, Les grandes dévo­ra­tri­ces allaient con­som­mer le monde.

Brah­mâ, Indra et Vish­nu se rendirent en ambas­sade auprès de Par­vatî. Que te faudrait-il, ô Déesse, pour que tu reti­enne ta colère et empêche la con­suma­tion des mon­des avant leur terme ? Ils étaient prêts à tout enten­dre et tout don­ner. Par­vatî ne con­naît nulle ran­cune et ne souhaite que son droit : son fils lui soit ren­du, et qu’il jouisse du statut de fils de Shi­va, comme son frère, voila tout. Mes­sage fut fait au Dieu dont les ser­pents ornent le corps ? qui sourit ? évidem­ment, tout cela était prévu, un jeu entre lui et sa com­pagne, un de plus, qui soit celui aus­si de son insond­able amour pour le monde. La tête de l’enfant s’était per­due, on ne pour­rait pas la retrou­ver, mais seule­ment que l’on tue la pre­mière créa­ture ren­con­trée en par­tant dans telle direc­tion, et que la lui ramène. Et ce fut ain­si que Gane­sha héri­ta de la tête d’un éléphant ; ce fut ain­si encore que celui qui allait être par­mi les plus pop­u­laires de tous les dieux indi­ens, prési­dant aux arts, au com­merce et à toute entre­prise, devint sec­ond fils de Shi­va ? et c’est sous sa plume, fidèle ser­vante de la dic­tée sans faille de Vyâsa, que fut écrit le Mahâb­hâra­ta, ain­si qu’il est dit ailleurs.

shiva family

Et voila.

C’est l’une des ver­sions, la plus détail­lée sans doute — dérivée du Shi­va Purana, je crois, sans en être très sûr. On trou­vera tout plein d’informations tout à fait pas­sion­nantes sur Gane­sha et le con­texte hin­dou sur ce site, large­ment plus com­plet que Wikipedia sur le sujet.

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