Histoire de Ganesha — 3. Ganesha

Ain­si Par­vatî recueil­lit-elle de sa peau l’onguent qu’elle y avait déposé, cur­cuma soigneuse­ment moulu mêlé de pous­sière. Elle en tira la forme d’un jeune garçon aux mem­bres vigoureux, front resplendis­sant comme les étoiles qu’on trou­ve au ciel étrange bien au-delà de Lan­ka, yeux de faon dans le lotus par­fait du vis­age, le cheveu dru, le torse large et la taille mince de ceux qui longtemps se sont entraînés au maniement de toutes armes. De son souf­fle, elle lui donne mou­ve­ment, intel­li­gence et vie : son fils, son fils ! Né de ses seuls efforts ! Bien mieux que les ser­vants de Shi­va saura-t-il garder l’accès à l’intimité du bain. Lasse dès lors, la Déesse se retire et demande au garçon de bien vouloir inter­dire à quiconque, quiconque, l’entrée du lieu où elle se repose. Armé d’un lourd bâton, Gane­sha — c’est bien lui — prend sa place devant les portes aux lourds bat­tants.

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Mais il fal­lait bien — c’est de bonne logique nar­ra­tive — qu’arrivât prompte­ment Shi­va, le Dieu dont le Gange baigne la chevelure. Mais quel jeune homme étrange est en arme devant l?entrée qui mène à Par­vatî, un garçon encore, ou presque ? Nan­di est envoyé en recon­nais­sance ; l’homme buf­fle se fait écon­duire, fer­me­ment quoique sans vio­lence : nul n’entrera, lui est-il dit, dans les apparte­ments de ma mère. “De ma mère”, songe Shi­va, hélas, Par­vatî, qu’as-tu fait là ?. Le Dieu lui-même s’avance, demande le pas­sage, l’exige, se voit oppos­er le même refus. Le regard du jeune homme est clair, rien ne saura l’effrayer. Je ne puis reculer, ô mon Epouse, songe le Dieu, ou il sera dit que de nous deux, c’est toi qui fais la loi. Que ne me forces-tu pas à faire là ? Ces actes ail­lent donc jusqu’à leurs fruits amers. Shi­va tente alors de forcer le pas­sage. Mais le dieu dont la lune retient les boucles n’est pas de taille et con­tre celui que Par­vatî a chargé de sa pro­pre puis­sance, sa lutte s’achève en fuite. Con­tre le tri­dent, trois le bâton a pré­valu, et c’est boit­il­lant que le prince des ascètes se retire rumin­er sa colère et rassem­bler ses forces.

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